Un film de la part d’Heath Ledger et ses amis.

Ce sont ces quelques mots qui concluent le dernier film de Terry Guilliam, l’Imaginarium du Docteur Parnassus. Le film, qui vient tout juste de sortir en dvd, est un modèle d’imagination, de délires en tout genres et de personnages aussi attachants qu’effrayants.

L’intrigue se déroule dans un Londres crasseux et en perte de couleurs, où le docteur Parnassus et sa troupe présentent un spectacle bien particulier… En effet, ils proposent aux spectateurs de voyager dans leurs propres imaginaires via un miroir derrière lequel tout est permis. Cependant, le penchant dangereux du docteur pour les jeux, l’avait entrainé, il y a fort longtemps, à parier avec le diable en personne ! Hélas, aujourd’hui, celui-ci vient récupérer son dû : la fille de Parnassus en personne.

Ce film, malheureusement, fut marqué par le décès de l’acteur Heath Ledger (l’excellent joker du The Dark Knight de Christopher Nolan ou encore le tendre cowboy du Secret de Brokeback Montain), alors que le tournage n’était pas encore terminé. Ce film lui est dédié, ce qui est grandement mérité, pour un acteur au talent immense, qui commençait tout juste à être reconnu.

Parnassus en pleine méditation (Christopher Plummer)

Heath Ledger tenait le premier rôle de ce film. Terry Guilliam eut donc la lourde tâche de terminer le film sans lui. Après un passage express par la ré-écriture, l’ex Monty Python eut l’excellente idée de remplacer son premier rôle par trois acteurs ! Et pas des moindres, puisque Johnny Depp, Jude law et Colin Farrell accoururent au secours de Guilliam pour finir le film. Ils ont instinctivement décidés de donner la totalité de leurs cachés aux héritiers du défunt acteur. La pirouette scénaristique qu’a engendrée ce malheureux incident, a le bénéfice d’enrichir le film.

Jude Law à la conquéte des nuages !

Ce film est esthétiquement très réussit. Le paradoxe entre une réalité grise et sans relief tranche radicalement avec le monde de l’imaginaire se trouvant derrière le mirroir. Les couleurs, et la fantaisie des décors (principalement en 3D, une première pour Guilliam), sont d’un exotisme rafraichissant. Mais ce monde en apparence sans danger peut cacher de multiples facettes… Le film est en réalité assez sombre et le personnage du Diable interprété magistralement par Tom Waits, incarne a lui seul le paradoxe de ce conte.

Terry Guilliam s

C’est le premier scénario totalement original (co)écrit par Terry Guilliam depuis l’incroyable Brazil (que Blogy Blogoo vous ordonne de voir immédiatement !). Et comme dans Brazil, le scénario n’est pas dénué de critiques acerbes de la société (britannique notamment). Les flics, le pouvoir, la presse, la mafia, tout y passe. Cependant, le thème premier est bien évidemment celui de l’imaginaire, et c’est en cela que le scénario appartient réellement à Guilliam. Il va ici plus loin qu’il n’est jamais allé auparavant dans son domaine de prédilection.

La fille du Docteur Parnassus (Lily Cole)

La richesse visuelle, des personnages charismatiques, de l’émotion, de l’action (pas trop quand même), des dialogues finement écrits, et une cohabitation étonnante entre réalité et pure onirisme sont les points forts de ce film. Les acteurs ne font guère de fausses notes. La fille de Parnassus, incarnée par le jeune mannequin Lily Cole, au physique « Burtonesque », ne dénote pas dans une distribution pourtant impressionnante. Mais la star de ce film, reste l’imaginaire, notre propre esprit sort grandit, épanouit par ce film. Finalement, l’Imaginarium symbolise le film lui même, dans lequel, le spectateur plonge aisément. Et par lequel, notre imaginaire est emporté, stimulé.

Johnny Depp, un des quatres interprétes du rôle principal

L’Imaginarium du Docteur Parnassus, réussit partout où Alice au pays des merveilles de Tim Burton a échoué. Terry Guilliam montre une fois de plus, son talent créatif hors du commun. Il faut savoir, qu’aucun producteur ne voulut produire ce film et qu’il dut batailler ferme pour que son film sorte en salle. Il fut cependant présenté hors compétition lors du dernier festival de Cannes. Et comme pour la presque totalité de sa filmographie, Terry Guilliam put s’appuyer sur une distribution impressionnante. Mais aussi, il dut faire avec les aléas du métier. Pour rappel, Terry Guilliam essaye en vain, depuis plus de dix ans de sortir L’homme qui tua Don Quichotte ( Lost in la mancha, le « making of du film qui n’existe pas » est disponible).

L’équipe de Blogy Blogoo tient à offrir cet article à la mémoire d’Heath Ledger. Et vous invite tous à voir et à revoir ce film, qui fut une des plus belles réalisations de 2009. Mais aussi à déguster la filmographie de ce réalisateur surdoué.

Heath Ledger dans son dernier rôle

Votre dévoué serviteur

Publicités
    • Brutal heureux
    • 21 avril 2010

    Mmmm, Brutal aime Terry Guilliam plus que quiconque (même si je suis resté a demi convaincu par les freres grimm, le reste de ce que je connais est parfait, sachant qu’il y a eue pas mal de long métrage entre ses films des monthy pythons à Brazil que je ne connais pas, à tort surement).
    Mention spécial à Tideland et Brazil qui sont mes 2 favoris sans oublier las vegas parano ou l’armée des 12 singes, bla blé blé blou.

    Brutal aime aussi bcp Tom Waits et invite les gens à écouter les albums Blood/Money (mon preféré) et Alice (album qui prend en toile de fond Alice in Wonderland avec la fameuse « We’re All Mad Here »). 2 albums relativement récents car sa discographie a de la ressource et particulièrement chargé (et tout se ressemble un peu mais bon).

    Le mec violent qui a fini d’écrire et qui est bien d’accord avec cet article.

    • marion choumet
    • 22 avril 2010

    Bonjour c’est marion. La meuf affectueuse, l’anti brutal en fait (même si ses commentaires sont exquis malgré leur violence). C’était juste pour demander a notre serviteur si j’ai du courrier, car il ne repond plus au tel, ce qui est normal avec toute la somme de travail que lui demande le blogy blog. Peut etre consultera-t-il ses commentaires car je sais qu’il attache une grande importance a son lectorat, meme s’il se compose uniquement d’un mec agressif aux bons gouts…
    la meuf affectueuse qui s’est déja tapé Terry Gilliam…Euh, tout ses films je veux dire!

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :